Un billet pour poursuivre la série, le sujet du jour est l’évolution du hardware gaming, et les dérives dans lesquelles on peut tomber, avec cette fois peut être un fond un peu plus personnel.
J’ai eu ma période console, mais, je suis clavier/souris dans l’âme ne serait-ce que par les titres que je vise. On ne me refera pas, une RTS à la manette, c’est compliqué. Je l’ai déjà évoqué plus d’une fois, mais j’ai plutôt pas mal cheminé en termes de hardware. Si de nos jours entre la foison de titres permet de trouver son bonheur quelle que soit la configuration. Les triples A annuels sont eux réservés à une minorité sauf à passer en Cloud.
Le premier round
Le début remonte à loin, et je me souviens des premiers titres un peu gourmands nécessitant une configuration musclée et des astuces pour essayer d’y palier, overclocking en tête. Je me souviens des sessions d’overclocking du vieil Athlon XP+ pour espérer s’épargner l’achat d’un Core 2 Duo et éviter d’avoir un jeu image par image à chaque lancement de daisy cutter ou nuke dans World In Conflit. Et encore, je jouais en 1024×768 mal mis à l’échelle vers du 1080p. Résolution déjà de trop pour permettre aux pauvres GT8400GS ou de la Radeon HD 2400 Pro d’afficher les jeux correctement.
Les laptops, quand on pense que ça peut tout faire ?
Puis quand on doit bouger, on compose avec les puces mobiles. J’ai le souvenir du combo T5800 + Radeon 5430 qui peinait afficher Ghost Warrior correctement et n’importe quel titre en 1080p pourtant la norme. 2012 a été l’année où j’ai changé de gamme, avec le L421X son i7 Ivybridge et sa Geforce Kepler, je n’avais pas de 1080p natif, mais j’avais une expérience fluide en medium.
Puis en posant, on se rappelle qu’il existe une promesse de constructeurs avec des slogans du genre « vos possibilités de jeux, partout où vous le voulez ». Ma réalité est que j’aurais testé des références en tout genre notament les plutôt bons MSI GP Apache et Leopard. Cela aurait pu marcher si je savais ce que je voulais ou si mon catalogue de jeux était soit plus restreint soit plus optimisé. Après tout même en 2017, après un passage en desktop sans être convaincu, les Geforce et Vega intégrées faisaient tourner tous mes titres en 1080p 45fps sans souci.
Ce n’était peut-être pas si mal cette époque où je lorgnais vers les Core M fanless et avec un excellent ratio performance/consommation avec un l’UX305 en fer de lance. Je ne sais d’ailleurs pas vraiment pourquoi j’ai souhaité prendre le GS40 et le 9570 à ce moment-là quand j’avais déjà tout sur place.
Le dérapage ?
Le dérapage, il vient finalement naturellement quand le laptop gamer n’est plus assez pour un AAA. Quand même branché sur un deck avec clavier/souris/écran, il est celui que l’on blâme pour la qualité de la session de jeu. Et ce n’est même pas la faute d’Apex à ce moment-là, lui n’était qu’un prétexte finalement. Ce sont plutôt les Sniper Elite, Titanfall 2 et Company of Heroes 2 imparfaits en 1080p qui m’ont marqué…
Quand j’ai remonté une tour, puis plus, j’étais loin d’imaginer que j’allais retomber dans cette passion d’antan. Pourtant, c’est ce qui est arrivé à mesure de l’existence du blog d’ailleurs. À force de consommer du contenu hardware, l’insatisfaction de mon setup est devenu grandissante puis permanente jusqu’à me pousser à consommer du premium. La GTX1060 n’est plus suffisante à l’aube des RTX Ampere tout comme le vieillissant quad core Intel du Magnus, ridicule face à mon hexa core Zen3 qui pourrait lui-même vers la passerelle vers un X3D…
Chaque achat vise une “amélioration”. Chaque frame que l’on peut gagner est bonne à prendre, chaque drop que l’on peut éviter permet de se dire que l’on survivra mieux un duel intense, graphiquement. C’était faux, vouloir le meilleur, non pas par besoin, mais parce que l’on ne veut exclure toute raison matérielle pouvant expliquer que l’on performe moins que les autres. Ce n’est plus du jeu ni de l’optimisation, non c’est juste une addiction de plus en réponse à une frustration.
Retour à la réalité
Le retour à la réalité arrive avec le steamdeck par exemple, puis les changements de paradigme, accompagné de changements de titres, plus optimisés, et d’optimisations de titres décriés. On change de perspective quand un APU propose un affichage « propre ». Et j’insiste sur propre plutôt que qualitatif, car la comparaison ne tient pas la route. On finit par reconsidérer le matériel qui va avec. Si je ne streame plus du Apex à 200+ FPS en 1080p est-ce que la RTX3080 et les 10 cœurs d’un 14600K sont toujours utiles ? Et finalement, pour jouer en 4k 60-100 Hz sur Helldivers 2 ou Arc Raiders, est-ce que Ryzen 5600 et une RX6700XT ne sont pas suffisants ? Ce ne sont pas les références exactes vers lesquelles je suis retourné, mais l’idée est là.
C’est faux de dire que l’on n’est plus un gamer quand on se limite à quelques heures par mois sur de vieux titres en 800p low 40FPS. Par contre, ça remet les choses en perspectives. Si j’ai cherché à me défaire du setup 4k, j’ai finalement changé mon fusil d’épaule. Même sans jeux compétitifs, j’ai pris goût à une certaine qualité parce que je sais qu’elle existe et j’en profite tant que la configuration me le permet. Et d’ailleurs, mon prochain achat plaisir sera sans doute un OLED. Même si je ne suis pas sur que sera vraiment l’investissement du siècle. Pour autant, hors bête de course, Sudden Strike 4 ou World In Conflict en 1080p low restent appréciables pour ce qu’ils sont avec la 680M, car de toute façon leur âge les exclus de cette course à la netteté.