Acheter pour du 1440p le faux compromis ?

On a fini par présenter le 1440p comme la résolution raisonnable, celle du bon sens budgétaire. Le problème, c’est que « raisonnable » ne veut rien dire tant qu’on n’a pas défini par rapport à quoi. Et c’est exactement là que le compromis devient un piège à deux mâchoires.

Sur/sous dépenser, moi ? Jamais

Moi-même, j’y suis passé pour le PC secondaire et je me suis fait avoir dans les deux sens à des moments différents. Première mâchoire : la sur-dépense. Monter une config taillée pour du 4k parce que « au cas où », et la brancher sur un écran 1440p 100 Hz. Le GPU passe la moitié du temps à attendre le refresh, plafonné par un écran qui ne demandait pas ça. Deuxième mâchoire, celle où je suis tombé sur le secondaire : la sous-dépense. On choisit l’écran 1440p parce que c’est le compromis malin, puis on colle dessus un GPU pensé pour du 1080p je pourrais exagérer en disant « compétitif ». Résultat, on baisse les réglages sur un écran qui existe justement pour en afficher plus que le 1080p. Dans les deux cas, le mot compromis a servi à éviter de répondre à la vraie question : compromis entre quoi et quoi, précisément.

Et il faut être honnête sur la nature du 1440p lui-même : soyons clair, c’est du 1080p qui a pris du galon, pas une résolution intermédiaire noble. Plus net, oui, la densité de pixels se voit clairement, enfin dès que l’on a un point de comparaison. Et aussi à condition de ne pas être sur une dalle 32″, qui ramène de fait le 1440p à une densité de 24″ en 1080p… Mais côté charge GPU, on n’est pas dans une zone neutre : on paie une bonne partie du tarif du 4k sans en récupérer le rendu. Même avec de l’upscaling « qualité », DLSS4 ou FSR4, le 1440p ne rattrape pas un 4k upscalé performance et n’approche certainement pas un 4K natif, surtout à distance de visionnage normale. L’écart se diminue, mais ne se ferme pas.

La drama de la Vram, la fausse bonne affaire de la RTX3060

Ce flou profite directement au retour de la RTX 3060 12 Go en 2026, au même tarif qu’en 2021 : environ 330 € en Europe. En face, une RTX 5060 à environ 280 € fait tout de même 44 % de mieux, en consommant 145 W contre 170 W. Moins chère, plus rapide, plus efficiente, mais moins de Vram… Alors qui achète la 3060 ? Les mêmes qui, depuis 2022, ont entendu les benchmarkeurs marteler que 8 Go de VRAM commencent à coincer sauf qu’ils appliquent la leçon à l’envers, en confondant taille du réservoir et vitesse du moteur. En achat neuf en 2026, c’est une carte qu’on vend à ceux qui n’ont pas cherché plus loin, qui n’ont pas le choix. Et j’oserais presque dire à ceux qui ne savent pas lire une fiche technique jusqu’au bout…

Parlant VRAM l’autre vrai casse-tête commence plus haut dans la gamme, sur la RTX 5070 12 Go face à la RX 9060 XT 16 Go. La 5070 tourne à 250 W avec 12 Go de GDDR7 sur un bus 192-bit ; la 9060 XT à 180 W, 16 Go de GDDR6, bus 128-bit, environ 100 € moins chère mais 40 à 50 % plus lente. La 9060 XT gagne sur la valeur brute et le rasterisation pur. La 5070 garde l’avantage en Raytracing, enfin sur le papier. Parce qu’en pratique, sans base solide, l’argument Multi Frame Gen n’y changera rien. Générer des frames au-dessus d’un 30 fps natif, c’est ajouter du flou et de la latence à une base injouable, pas la rendre jouable. Le MFG ne sauve pas un moteur trop faible, il maquille le compteur.

RX9070GRE l’alternative d’Asie

Lancée au même prix que la 5070, avec en prime une limitation VRAM par rapport à la 9060XT ou la 9070. Limitation qui se fait sentir dès que le RT s’invite, et un TDP de 220 W identique à la 9070 classique malgré des performances inférieures. La 9070GRE existe pour remplir entre la 9060 XT et la 9070 sans raison d’achat claire pour l’une ou l’autre. Et à ce tarif-là, la vraie question n’est même plus la puissance, c’est le format et la facture d’électricité. Une RTX5070 à 250 W ou une RX9070 GRE à 220 W, c’est généralement un radiateur triple slot, une carte qui dépasse les 30 cm, et une conso qui tourne à l’année dans le dos d’un boîtier compact qui n’a rien demandé.

Les RTX5060 et RX9060XT restent en double slot, plus sobres, plus discrètes : la sobriété n’a jamais fait vendre de GPU, mais c’est elle qui paie la facture EDF. Le compromis, c’est un calcul entre l’écran, les jeux visés, le boîtier et la conso. La variable qu’on oublie, c’est justement celle qui décide à notre place, in fine.

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