Longtemps réservés aux plateformes chinoises, les mini-pc se multiplient dans sur les marketplaces plus consensuelles. Compacts, silencieux, pas chers, ils séduisent un public variés. Retrobox, domotique, serveurs, tout autant que les pros qui veulent un petit PC de bureau discret. Mais entre les modèles à base d’Intel N100/N150, les Mini-PC sous Ryzen, et les machines professionnelles reconditionnées vendues à prix cassés, difficile de s’y retrouver.

Les Mini-PC Intel N100/N150 : l’entrée de gamme absolue

Depuis quelques années, Intel a trouvé un marché avec ses processeurs de la série N. Avec GeminiLake, les N2840 puis N5000 ont ouvert la voie. Le N150 en est typiquement le successeur par excellence. On obtient un PC qui consomme une poignée de Watts (6–8 W), capable de faire tourner Windows ou Linux sans broncher, parfait pour de la bureautique, de la navigation web et parfois un peu de rétro. Leur silence et leur compacité jouent en leur faveur. Mais les limites arrivent vite : en dehors du N95/100/150, les gros traitements sont poussifs. De plus, il n’y a pas vraiment d’évolutivité, les tarifs ram et SSD viennent de fermer toutes les portes sur cette gamme. On disait il y a peu que la moindre option coute cher à l’achat, mais finalement, c’est peut-être à réfléchir aujourd’hui.

Pour un usage très léger et un budget minimaliste (<200 €), c’est correct, mais probablement pas plus. Le N100/150 sera grosso modo un i3/i5 Haswell, autrement une machine capable de faire du jeu, lancer un titre émulé et trafiquer quelques photos. Les références les moins onéreuses (sous les 100€ parfois) coupent les fonctionnalités. On a du Wifi oui, mais 5, le Bluetooth 4 parfois 4.2. Le SSD est un eMMC Sata, toutefois c’est toujours mieux qu’un HDD. On peut aussi leur reprocher d’être avares en USB et de n’autoriser qu’un HDMI en sortie vidéo.

Dans la même gamme tarifaire, il reste des vieux stocks de GeminiLake, JasperLake parfois du BayTrail c’est à éviter, les 10 ou 20€ de plus seront largement rentabilisé en performance supplémentaire dans la durée.

Les Mini-PC Ryzen : le bon équilibre ?

Avec sa une longueur d’avance côté iGPU, AMD propose une alternative solide. Longtemps un bon choix, les mini-pc sous Ryzen 4000U ou 5000U (Zen 2 et Zen 3) commencent à dater pour cette fin d’annéee. Aujourd’hui des 5600U ou 5700U voient leurs prix dévissés. La génération Zen 3+ (Ryzen 6000U/H) marque un vrai bond avec RDNA2 intégré. Ces puces capables de titiller le 1080p au même titre qu’une GTX1050 peuvent être une alternative à certaines vieilles tours pour une compacité inégalée.

Les plus récents Ryzen 7000U/H et 8000U/H font encore mieux, mais les prix montent de facto. Le gain en performance entre Zen3+ (DDR5) et Zen4 est de l’ordre de 10 à 15%. Il est moindre entre Zen3+ et Zen4 donc à moins de vouloir la performance absolue en CPU l’investissement n’est pas toujours rentable. Si vous voulez un PC compact capable de durer 5–6 ans sans broncher, à minima le 6800H+680M, la génération juste au-dessus intègre parfois un NPU est la piste à privilégier si on en trouve à un juste prix. Par contre, ici, pas question de se limiter à 8 ou 12 Go de ram, 16 est le minimum syndical.

Je vais faire l’impasse sur les Strix Halo et les Ryzen AI, car la gamme a évolué vers un produit Pro très haut de gamme et sur des convertibles. On est plus vraiment dans le marché des mini pc abordables. Dommage, puisque les puces graphiques sont annoncées avec un bon niveau de performances autour d’une 4060/4070 Mobile. Avec un ticket d’entrée à plus de 1500€ pour 16 Go de ram non upgradable, j’ai du mal à juger de la pertinence du produit.

Les PC pros reconditionnés : le bon plan caché

J’en parle souvent et avec le développement du marché, les PC de bureau professionnels reconditionnés, type Dell Optiplex ou Lenovo ThinkCentre se sont démocratisés, surtout en version USFF. Pour 60 à 200 €, on peut trouver un Core i5 ou i7 de temps en temps, jusqu’à la 10e génération, fréquemment avec 16 Go de RAM et un SSD NVME. Et la puissance CPU d’un i5-6400 ou Ryzen 3200G est largement supérieure à un N150. On a de la marge pour changer éventuellement RAM et SSD et certaines configurations se payent le luxe d’autoriser un GPU LowProfile (certes plus cher que la machine).

Cela a un prix, ce n’est pas aussi compact qu’un mini-pc moderne,  la consommation est plus élevée pour un usage h24. Même si limitée à la même alimentation 65W de part et d’autres. Si les configurations AMD type 2200/3400G peuvent avoir un avantage sur Intel pour la partie « jeux » sous les 200€. Elles ne tiennent pas la comparaison avec les 6800H que l’on trouve à 250€. Ces configurations sont parfois le meilleur rapport qualité/prix.

Attention par contre à ce prix-là, les machines « pro » n’intègrent pas souvent Wifi/Bluetooth. Généralement, elles font l’impasse sur le HDMI en sortie vidéo, il faudra se contenter du duo displayPort (et parfois VGA).

Un mini PC custom

Sauf à avoir un besoin vraiment spécifique, dans cette gamme de performance et prix, aucune configuration à monter soi-même ne tient la comparaison. Rien qu’un 8500G et une carte mère ITX coute plus cher et seront moins performants qu’un mini pc avec un 6800H. Pour 700€ on peut arriver à avoir la configuration AM5 sans GPU dans un boitier qui fera à minima 4x le volume du mini pc équivalent.  Autant rester dans un Optiplex SFF de 8L que l’on pourra améliorer. En jouant sur le volume plutot que la modernité, autour de 300€ sur les plateformes d’occasions, on peut retrouver des configurations à base de Chopin dans les 3L avec des composants standards et une puissance plus assumée.

Quel choix selon le budget ?

Pour un usage léger et un budget serré, le N100/150 fait le travail tout comme un CPU d’anciennes générations. Mais pour un PC compact qui doit durer, il vaut peut-être mieux viser un Ryzen Zen 3+. Et si l’on veut le meilleur rapport prix/performances, les PC pros reconditionnés restent imbattables, même face aux mini-pc neufs. En termes de format, certaines machines Beelink proposent une alimentation intégrée dans le boitier, sans surcoût. C’est un bon « plus ».

  • Moins de 100 € → Un PC pro reconditionné avec SSD, 8 Go de Ram, i5 Skylake ou 3200G au minimum ou un N100 8 Go… Même pour économiser 10€ on évitera les Ryzen 3000U ou les Jasper Lake qui ont clairement fait leur temps.
  • Moins de 200 € → N100/N150 pour bureautique et vidéo, éventuellement Ryzen 5000U ou PC pro reconditionné avec Zen 3 / CoffeeLake

  • 200–350 € → Ryzen 6000U/H ou équivalent AlderLake, une configuration Chopin ?

  • 350–450 € → Ryzen 7000/8000U si possible avec RDNA3 et/ou NPU

Je ne parle pas d’alternative Intel, car en faisant le tour des offres en Europe, je n’ai rien dispo sous les 300€ en dehors de CoffeeLake, certes un peu mieux que le N150 mais ne mérite pas le triple du prix. Il faut compter 400€ pour un AlderLakeM à ce tarif, on a Zen4, RDNA3 et un NPU pour à peine plus.

En termes de robustesse, toutes les machines se valent et n’ont a priori aucun soucis à rester allumer H24 y compris sous charge. Même si c’est rare, il y a plus de chance d’avoir une panne de ventilateur, SSD ou alimentation qu’une défaillance vraiment propre à la machine. À ce compte-là, les PC reconditionnés gagnent encore, car on pourra trouver facilement des pièces et les remplacer. Sur l’aspect consommation, il faudrait plusieurs années H24 à 100% pour qu’un N150 rentabilise sa frugalité énergétique. Par contre, dans un environnement embarqué ou sous contrainte (van, bateau) le choix se discute.

Le choix se fait plutôt sur l’offre et les fonctionnalités voulues. Mais attention, le support, en termes de mise à jour, de fonctionnalités dans le BIOS est variable d’une marque à l’autre et souvent d’un modèle à l’autre au sein d’une même gamme. Un même PC avec un 6600H ou un 6900HX se voit octroyer des options sur la Vram, l’overclocking via TDP ou l’EXPO sur la Ram. C’est relativement regrettable en termes de pratique commerciale à mes yeux.

Pour un peu de jeu, une Vega ou une 680M sera plus intéressante. Pour un usage home-lab, un N100 avec 8 Go de ram suffit, même une version ‘pocket’ fait l’affaire, mais à ce compte un Prodesk fait aussi le job. Une chose à retenir pour ce début d’année par contre, c’est qu’il faut profiter des prix des options « ram » plutôt que chercher à économiser en pensant améliorer plus tard. La majorité des portables sont encore vendus en 8 et 16 Go de ram, et ce, depuis plus de 10 ans. Il n’y a a priori aucun intérêt à chercher à avoir plus sauf usage spécifique.

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