Il n’y a qu’Apple qui pouvait se le permettre… alors que les prix augmentent. Alors que l’entrée de gamme sous les 500 € est en train de mourir, car non rentable et que l’on se retrouve à la place avec des références de Mathusalem. Mais voilà qu’en 2026 un OVNI pointe son nez : le MacBook Neo. Dire que le MacBook a toujours été premium, comme le XPS de Dell, voir fleurir une telle référence peut presque faire penser au poisson d’avril.

Le pied d’entrée dans l’écosystème Apple.

Pour 700 € (ou 800 € avec le double de stockage et Touch ID), Apple propose un objet étonnamment soigné. Un châssis entièrement en aluminium, une construction qui rappelle les MacBook plus chers. La charnière permettant d’ouvrir l’écran d’une seule main, sans tremblement une fois en position, est un autre détail premium. Cela peut sembler anecdotique, mais dans l’univers des ordinateurs portables, c’est souvent le signe d’une conception mécanique sérieuse. Je l’avais déjà souligné sur le Dell L421X par exemple, où ce détail trahissait déjà une conception plus sérieuse que la moyenne.  Dans cette gamme de prix, la plupart des machines sont en plastique, parfois mal assemblées (comme les Vivobook et Swift), avec des compromis partout. Ici, Apple livre un MacBook. Quand je pense aux Chromebook ou aux machines Windows vendues au même prix, souvent à peine mieux équipées, on peut anticiper l’engouement à venir autour de cette machine.

Sous le capot

En termes de specs à l’intérieur, on sera sur 8 Go de RAM et 256 Go de stockage (d’assez bonne facture avec 1,5 Go/sec) avec une puce A18 issue de l’iPhone. Sur le papier cela peut surprendre, mais en pratique les performances se rapprochent d’un M1. Le GPU intégré permet aussi de lancer des jeux de manière occasionnelle, les titres gourmands ou récents seront au mininum. L’écran est un IPS 60 Hz avec True Tone pour ajuster la température de couleur. La résolution reste dans l’approche Apple habituelle, un format intermédiaire proche d’un demi-5K, ce qui donne un rendu visuel proche d’un 1440p très propre. Il ne couvre pas le P3 complet comme les MacBook Air, mais la couverture sRGB reste solide, la différence sera difficile à percevoir hors usage expert.
Côté connectique, les compromis sont bien présents. Deux ports USB-C dont un est USB 2,0, pas de Thunderbolt, on pourra connecter un écran externe mais pas 2 en même temps la machine n’est pas pensée pour ça. Pas de MagSafe pour la recharge, le chargeur fourni est un simple bloc 20 W digne d’un iPhone. Le clavier magic (ciseaux) n’est pas rétroéclairé non plus. Le trackpad reste fidèle à la réputation d’Apple. Même s’il n’est pas haptique (ce qu’Apple n’avait plus proposé depuis longtemps) il reste plus précis et plus agréable que la majorité de ceux présents sur les machines concurrentes.
Mais la vraie limite sera sans doute la mémoire. 8 Go de RAM, c’est aujourd’hui le strict minimum. On pourrait croire que c’est une machine au rabais, mais je trouve qu’elle reste étonnamment plus capable que les équivalents Windows vendus à ce prix depuis des années. Maintenant, je dois avouer que 8 Go, c’est ce que j’avais il y a 15 ans. Pour des tâches simples cela fonctionne parfaitement, mais dès que l’on pousse un peu la machine la limite se fera sentir.
Apple ne fait aucune communication IA dessus, ce qui est assez étrange. Apple Intelligence fonctionne pourtant sur l’iPhone équivalent. Il n’y a donc aucune raison technique évidente pour que cela ne fonctionne pas ici aussi. On peut imaginer une limitation logicielle pour éviter de cannibaliser les gammes supérieures.

Au final

Le positionnement d’Apple est intéressant. En tant qu’ordinateur de tous les jours, je n’ai aucun doute sur le fait que la machine fonctionne bien pendant 5 à 10 ans pour un usage classique. On ne peut pas en dire autant des HP ou Lenovo équipés de Celeron N4000 et de 4 ou 8 Go de RAM que l’on trouve encore à 499 €. Si l’on dispose d’un budget serré autour de 600 € avec le tarif éducation, ce MacBook Neo pourrait bien être l’un des meilleurs ordinateurs disponibles aujourd’hui. Mais dès que l’on peut monter vers 800 €, la question se pose, car un MacBook Air d’occasion avec 16 Go de RAM devient immédiatement beaucoup plus intéressant sur la durée.
Finalement, dans tout ça, ce qui m’intéresse le plus c’est la réaction du marché. Est-ce que cette arrivée va enfin enterrer les vieilles puces et les coques en plastique qui dominent encore l’entrée de gamme ? Ou est-ce que les fabricants vont continuer à vendre du matériel déjà obsolète dès la sortie ?

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