Avant les serveurs ne s’éteignent, le contenu s’essouffle. C’est ainsi que je pourrais définir ce qui se passe sur de nombreux titres qui passent des sommets aux oubliettes. Le jeu vidéo est un média en perpétuelle évolution, il est vivant dans certains cas, Helldivers 2 étant le meilleur exemple récent. Mais il est aussi soumis à une réalité plus brutale : une durée de vie très limitée pour la plupart.

Un monde cruel

Certains titres disparaissent après des années de succès, tandis que d’autres s’éteignent sans jamais avoir eu leur chance comme Titanfall. Ces dernières années, de nombreux jeux en ligne ont vu leurs serveurs être coupés. On peut repenser à World In Conflict ou RUSE et plus récemment XDefiant. Ce dernier n’a pas réussi à s’imposer sur la scène compétitive et a été (trop ?) rapidement abandonné. Dans le même temps, des franchises autrefois emblématiques, comme Star Wars Battlefront, ont été délaissées par leurs éditeurs. La faute à l’absence de mises à jour et de suivi communautaire. Cette tendance met en lumière une industrie régit par l’argent. La pérennité de chaque titre est un fragile équilibre entre des choix économiques et les attentes en constante évolution.

Pour ma part, l’un des exemples les plus frappants de cette tendance est Apex Legends. Le FPS fer de lance d’EA depuis un moment. Si le battle royale de Respawn a connu un énorme succès après son lancement, les joueurs ont progressivement déserté. Sans doute après avoir constaté un ralentissement dans le renouvellement du contenu. Ou encore le manque devant face aux tricheurs qui ont nui à l’expérience globale. Malgré une communauté toujours fidèle, l’essoufflement des mises à jour (pas d’armes, de cartes, de légendes depuis un moment). Le flou entretenu autour d’une suite pénalise la longévité du titre. D’un trimestre à l’autre, elle est dans les cartons ou n’existera jamais, on ne sait pas.

Pas de mieux à l’avenir ?

L’industrie privilégie désormais la rentabilité à court terme, poussant les studios à multiplier les sorties non terminées, dès que l’engouement retombe (avec une nouvelle sortie concurrente) le titre est abandonné sans considération pour les joueurs. Ces derniers, frustrés, peuvent de nouveau dépenser dans un autre contenu virtuel condamné à l’oubli dans un avenir proche.

Cette instabilité pose la question de la préservation des jeux vidéo. Lorsque des serveurs sont fermés, des œuvres entières disparaissent, ne laissant derrière elles que des souvenirs et des vidéos d’archives. Contrairement aux jeux solo, qui peuvent encore être relancés des années plus tard (quoique pour RUSE, c’est compliqué). Les jeux multijoueurs dépendants de serveurs qui deviennent inaccessibles du jour au lendemain perdent tout intérêt. J’ai connu la mort de GOA et des ip-boerse qui permettaient de trouver des joueurs Sudden Strike facilement. J’ai aussi participé à la renaissance et l’autodestruction des Arenas vouées à ces titres. Mais finalement, les comportements des éditeurs ne sont que le reflet des joueurs qu’ils ont été par le passé.

By tech

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