Les drivers Nvidia ne sont pas connus pour être les plus légers et on ne compte plus le nombre de tests qui ont mis en avant l’impact sur les performances avec des CPU plus modestes ou encore l’impact de la télémétrie sur les drops de performances occasionnels.  C’est là que NVSlimmer entre en scène avec sa promesse de réduire les pilotes à leur strict rôle au risque de perdre quelques fonctionnalités pratiques passage. Je me surprends de ne pas y avoir pensé plus tôt, car il n’est pas récent.

Le package Nvidia

Les pilotes NVIDIA sont fournis sous forme de packages massifs contenant entre le cœur du pilote graphique, qui est lui indispensable au bon fonctionnement de la carte. Mais aussi de nombreux composants annexes comme PhysX (pour les anciens jeux), HD Audio, panneau de contrôle) mais aussi des services en arrière-plan et de télémétrie (services d’optimisation, collecte de données, etc.). On avait pu le voir avec la sortie de NVIDIA App, ces services peuvent consommer des ressources inutilement. La télémétrie est toujours active et est par exemple responsable de micro-saccades régulière. Le pire étant qu’elle est impossible à désactiver sans passer par un outil tiers.

Mais peut-être que l’on pourrait s’en passer dès l’installation ?  NVSlimmer permet justement de “dépiauter” le package NVIDIA et de choisir exactement quels composants installer. L’objectif assumé, un driver plus léger, sans télémétrie ni services en arrière-plan (ou un minimum), un système globalement plus fluide et réactif et moins de stuttering.

Comment utiliser NVSlimmer

Le conseil que je peux donner est de tout préparer puis de couper la connexion au réseau de la machine. Par préparer, j’entends télécharger tout ce qu’il faut : le driver, NVSlimmer et DDU. Ensuite, on coupe le réseau et il faut désinstaller toutes les applications Nvidia depuis Windows, mais pas le pilote. Pour ça, on passera par DDU. Je ne pense pas que ça soit critique au point de passer par le mode sans échec.

Une fois que c’est fait, au reboot Windows prend un pilote générique pour le GPU. C’est le moment de lancer NVSlimmer, on charge le pilote Nvidia officiel et on suit l’interface pour sélectionner uniquement ce dont on a besoin :

  • Core Display Driver à garder impérativement
  • PhysX n’est plus utilisé depuis 2019 (il me semble que Metro Exodus est le dernier gros titre en date qui l’intègre) c’est variable selon vos titres
  • HD Audio permet de faire passer l’audio à l’écran, utile si on branche le casque à l’écran par exemple
  • Control Panel utile pour faire les réglages (désuet depuis l’app mais plus léger que cette dernière)
  • La télémétrie à virer quoi qu’il arrive…
  • L’App Nvidia utile pour faire les réglages, les mises à jour auto et le DLSS override
  • Les fonctions Shield, Broadcast, 3D Vision, sauf à avoir une Shield et diffuser via le driver, je ne vois pas l’intérêt

Dans l’idéal, un joueur solo avec une vieille carte ne devrait garder que le pilote et PhysX et faire fi de tout le reste. Pour les autres, garder au cas par cas PhysX, l’App et l’audio. Le reste n’est pas nécessaire.

L’impact

Il faut se dire que plus la configuration est ancienne et limitée, plus NVSlimmer sera utile. J’insiste bien sur la configuration au global et pas seulement le GPU même si Maxwell, Pascal et Turing en profiteront plus que Blackwell.  Le support de PhysX étant sur la fin aussi, Nvidia ayant décidé que les RTX5000 n’ont plus accès à PhysX sur les titres 32 bits on peut se demander l’intérêt de l’installer sur ces GPU mais ça s’était avant de retro pédaler. Maintenant, je ne doute que l’on achète ce genre de GPU pour jouer à des titres aussi anciens. Du coup une 5050 sur un CPU un peu limite aura tout intérêt à se débarrasser de packages annexes inutilisés.

Et les fonctionnalités manquantes ?

On aura beau râler sur l’App Nvidia, elle permettait de régler pas mal de choses comme la gestion du mode d’alimentation, les optimisations et mises à jour auto ou encore le DLSS override à défaut d’utiliser DLSS Swapper devenu d’un coup obsolète.

La gestion du mode d’alimentation

Pour le 1er, il joue sur le P-State de la carte, mais selon la charge (sous si retour au bureau) les variations de charges impactent les performances quelques instants. De même en jeu, selon la scène, une scène chargée soudainement nécessite plus de puissance, la carte peut mettre un temps à réagir. Le gain éventuel est donc sur la fluidité globale et le frame pacing. Cela se voit d’autant plus sur un shooter compétitif ou un titre mal optimisé. L’inconvénient de forcer le mode charge élevée est une consommation en hausse sur le bureau.

Les solutions alternatives existent sans passer par l’app :
– la gestion d’alimentation dans Windows (mais ça ne sera sans doute pas aussi efficace que via l’App Nvidia)
– lancer NVIDIA Profile Inspector à chaque installation de drivers

Toutefois, le plus simple est de passer par Afterburner, dès lors que l’on a un overclock/undervolt actif, le réglage d’alimentation est bypassé.

Les optimisations et mises à jour auto

Je ne saurais que dire ici, on arrive en fin de vie de support pour les GTX Pascal et bientôt les RTX Turing. Si l’on vise un dernier titre, on sait qu’il faudra aller chercher le pilote. Pour les optimisations, les jeux savent s’auto-optimiser et chacun est capable de faire les changements qui lui conviennent dans les paramètres des jeux.

DLSS override

Sur une RTX, l’App permet d’override DLSS (absent sur une GTX raison de plus pour se passer de l’App). Il y a donc la perte de cette fonctionnalité à prendre en compte. C’est peut-être la partie plus embêtante si elle venait à manquer, car pour l’instant le pilote n’est pas capable de faire le switch automatiquement quand le jeu n’offre pas la possibilité Mais heureusement pour nous, DLSS Swapper faisait parfois mieux que l’App (qui ne reconnait pas tous les jeux…). A priori, ce dernier est sans impact une fois le changement de DLL effectif.

Enfin…

Ensuite, l’idéal est de l’avoir également fait avant…  Mais maintenant que l’on a une installation minimale, on va pouvoir vérifier l’impact sur les performances. Autant être honnête, il faut s’attendre à ce que le gain en FPS brut soit marginal (+1 à +3 fps parfois quelques pourcents). Par contre, les micro-saccades. Elles sont bien réduites selon les autres. Et c’est ce qui nous intéresse. On gagne souvent 10–20 % de stabilité sur les 0.1% lows ce qui donnera un ressenti en jeu beaucoup plus fluide. Ce qui est d’autant plus appréciable par exemple avec une carte au ras des paquerettes comme une GTX1050Ti/1060 dans Battlefield 6 ou Arc Raiders.

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