J’ai déjà parlé de scaling de performances, d’upgrade, d’undervolt, d’overclock, des outils pour y arriver. J’ai monté plusieurs machines radicalement différentes. Les configurations ont pour point commun une consommation similaire, mais selon le tarif ou l’âge, les performances qui peuvent varier du tout au tout. En faisant le tour des générations de CPU comme GPU, j’ai pu montrer que certaines sont reconnues pour leur frugalité. Quand d’autres brillent par la performance. Mais dans le fond existe-t-il un entre deux ? Une combinaison de performances avec une consommation maitrisée ? Et bien peut-être oui.
Oui, mais ?
Undervolt et overclock sont deux leviers permettant d’approcher la combinaison, et ce, peu importe la génération ou presque. Par contre, en prenant certains modèles plus spécifiques, on peut aller beaucoup plus loin. Le tout en économisant parfois pas mal si l’on ramène ça a la performance brute. On ne fera pas de miracles avec une 5090. Par contre, si l’on considère le duo RTX3060 et RTX4060 par exemple. La seconde a été fortement décriée pour l’absence de gain de performance par rapport à la première. À un élément près, la consommation largement en baisse sur la nouvelle.
Pire, on peut faire encore mieux, car undervoltée et overclockée correctement, la RTX4060 va jusqu’à offrir une dizaine de pourcents de performance en plus pour consommation bien inférieure à la 3060. Sans compter les avantages avec l’encodage ou coté calculs IA ce qui ferait bien oublier la Vram en moins. Cette même Vram qui a toujours été dite comme trop généreuse sur ce modèle.
Et puis, qui peut le plus peut le moins
Mais on peut faire mieux, au tarif d’une RTX4060 de seconde main, on trouve aussi des RX6800 qui undervoltées, offrent de belles surprises. Cette dernière perd environ 20% de performance bloquée à 2100 MHz au lieu des 2400 avec overclock, mais ne consomme plus 115W sur les 240W pris en poussant tout à fond. Soit le TDP de la RTX4060 d’origine, mais avec un bon en performance substantiel par rapport à la RTX. Qui dit mieux ?
Quelques modèles haut de gamme des années précédentes peuvent se retrouver intéressant de ce point de vue. À condition de savoir jouer avec les logiciels et d’avoir la petite réserve de puissance avec l’alimentation pendant les mises à jour de pilotes, moment où le réglage saute. On ne fera pas de miracle, la RTX3080 restera un gouffre énergétique au même titre que nombre de Radeon 7000. Par contre, un modèle GRE peut devenir d’un coup plus intéressant.
Et coté CPU
La même chose peut se voir coter CPU. On a souvent tapé sur les vieux CPU surtout les versions K considérées chères, un premium parfois peu justifiable sans carte mère adaptée et overlclock. Certes de nos jours un i3 AlderLake explose les i7 jusqu’à KabyLake Pour les 60€ demandés, il n’y a même pas à négocier.
Néanmoins, du côté des veilles puces Intel, pour ceux qui en ont encore. Les 3770k 4670k, 4770k, 6700k, voire le 9600k peuvent avoir un intérêt. La plupart de ces processeurs peuvent être poussé à minima à 4,5 GHz et occasionnellement jusqu’à 4,9 GHz. Maintenant que les 120W sont devenus monnaie courante avec RaptorLake et Zen2. Aussi surprenant que cela puisse paraitre à cette fréquence, les vieilles puces sont particulièrement performantes en jeu. Un 3770k à 4,5 GHz arrive au niveau en jeu (hors titres spécifiques bien plus récents) d’un 3600X à 4,4 GHz pas mal pour une vieille machine en DDR3. À fréquence égale, avec la bonne DDR3 le 3770k tient tête au 6770k en DDR4 intéressant. De quoi faire remettre en question tout upgrade de configuration à cette époque.
Attention, je ne dis pas pour autant qu’il faut acheter un 3770k. Mais je suis surpris de la survie de cette puce finalement.
Pourquoi pas optimiser ?
C’est un peu tout le propos de mon billet, si au lieu de chercher à obtenir toujours plus, on faisait le choix inverse. Réduire la fréquence et la consommation jusqu’au point optimal d’efficacité. En tunant le PBO, un Ryzen 5500 atteint au mieux les 4,5 GHz pour 87W. La même puce limitée à 4,2 GHz avec le même réglage de PBO s’en tient à 49W. Et comme pour un 5600G descendre à une fréquence non-boost entre 3,6 et 3,9 GHz fait tomber la consommation autour des 35W. Si on résume, on peut avoir 10% de gain en fréquence et score de benchmark pour une consommation doublée, est-ce vaut vraiment le coup ?
Je ne dis pas, certains jeux très axé sur le single thread vont préféré largement le 4,5 GHz aux 3,6. Mais finalement ce même 5500 est souvent ramené à « un équivalent 3600X » s’en sort bien. Sachant que le 3600X à 4 GHz tourne à 72W. Le nouvel arrivant est donc 2x plus efficient à fréquence et performance égale.
Chez Intel, on n’est pas en reste. Bien undervoltée, des puces plus « basique »comme les i5 non k comme les x400 et x500 peuvent descendre autour des 40W de consommation soit presque ce que l’on attendait des puces estampilées « T« . Sur les dernières générations, Intel a amélioré l’efficacité et bloquer les réglages de tension. On ne peut dorénavant, que tout au plus désactiver le turbo boost ou forcer l’overcloking pour en obtenir plus à puissance égale.
En conclusion
Ce petit tour d’horizon met surtout en lumière une idée que le marketing adore enterrer : la performance n’est pas une valeur absolue. C’est un compromis. Peu importe la génération, le vrai levier n’est pas tant le matériel que la manière dont on l’exploite. undervolt, overclock, power limit, choix des fréquences : ce sont des outils d’arbitrage, bien plus que les gadgets de bidouilleurs auxquels on les réduit.
Courir après les derniers pourcents coûte cher, en watts, en degrés, comme en euros (comme entre un 5600 et un 5600X), pour un gain parfois marginal. À l’inverse, optimiser intelligemment permet soit de dépasser les attentes à consommation équivalente, soit de réduire la facture énergétique et calorifique sans sacrifier l’usage réel.
Enfin, parfois, pousser les puces à leurs maximums rend certains upgrades tout simplement inutiles comme entre SandyBridge et Skylake. La vraie question n’est donc pas “quelle génération est la meilleure ?” même s’il y en a des meilleures que d’autres. On peut reconsidérer “où se situe mon point d’efficacité optimal ?”.
