Ce n’est pas une faute sur le titre, mais un mauvais jeu de mot. Avec l’arrivée du 6ème volet de la série, je voulais faire un billet sur les Forza 4 et 5. Mais finalement après avoir arrêté d’y jouer quelques semaines, c’est un article plus à charge et aussi ouvert sur les jeux de courses en général qui se pointe.
L’histoire
L’histoire veut que j’ai commencé les jeux de courses sur consoles avec de l’on ne peut plus arcade. Wave Race, Lamborghini N64, Vrally 99, F1 99. Rac Rally et Colin McRae sur PC en parallèle. Puis, les Need For Speed Underground et Most Wanted. Des jeux qui ne brillent pas toujours par leur réalisme ni par leur difficulté, mais qui brillaient parce qu’ils étaient fun. Et j’oublie coté Dreamcast MSR, Tokyo X Racing et Aqua GT entre autres.
Tout est mieux aujourd’hui ?
Si je ramène à l’objet du billet aujourd’hui, avec Forza, on est loin du compte. Techniquement d’abord, les textures, lumières, reflets. Puis même en termes de contenu. Avec son monde ouvert, des centaines de véhicules et des supers cars disponibles dès le début du jeu. Forza poussé au max à quelque chose de photo réaliste en exagérant le HDR et le Raytracing. Dans Forza, c’est presque instagrammable de mettre sa voiture sous un pont quand il pleut la nuit. Parlant de pluie la nuit, Forza est un jeu qui a peur de frustrer, et à force de supprimer la frustration, il supprime aussi le souvenir. Celui de finir un grand prix de 97 avec Berger qui n’a plus d’essence et n’a pas de pneu pluie alors que l’orage se déclare. A l’inverse, peu importe la météo dans Forza, on ira toujours « à bloc ».
Pourtant, l’ambiance NFS qui sur-exagérait toutes les couleurs, ou Tokyo Xtreme Racer avec sa nuit stylisé par les néons ou encore l’ambiance musicale de MSR me manque cruellement. Non pas que Forza soit mauvais, mais ses radios sont du daily, tout comme sa conduite. NFS Underground avec ses iconiques »Get Low » ou « Riders on the storm » dans le menu mettaient dans une autre ambiance, on sentait la tension du milieu des courses de nuit.
Ce qui manque ?
Ce qui manque, c’est une patte artistique finalement. Le beau, le réaliste, le parfait est relativement plat. De ce fait, il ne devient pas très engageant. Outre les graphismes, la physique des jeux n’est plus la même non plus. Elle a évolué, en bien comme en mal. D’un jeu à l’autre, les voitures passaient du kart au tank. Comme jouer Dark Ages après Eternal (oui, il fallait la placer celle-là). Les pertes de contrôle dans Forza n’ont rien de comparable avec celles de Most Wanted ou de F1 99. À vouloir tout faire en même temps, on a des jeux montrables sans vraie personnalité. À vouloir tout faire en termes de simulation réaliste tout en restant accessible, en ajoutant du ranking tout en voulant toucher le casual, on a un hybride qui n’est plus très intéressant.
Pourquoi enchainer les courses sur Forza quand on a déjà avec sa Ford Honnigan avec des crédits qui coulent à flot. Cette même Honnigan interchangeable avec une M4, ou autre Urus, sans personnalité, sans attachement. C’est divertissant, mais pas challengeant, aussi réalistes soient les voitures. Quand on se souvient la voiture pourrie (une honnête Mx5) avec laquelle on commençait sa carrière sur Underground ou X-TR2 la progression était rude avait quelque chose de plus satisfaisant et moins stérile en termes de gameplay. Choisir une voiture, des améliorations, c’était renoncer aux autres, à l’inverse d’un Forza où tout est disponible.
Et puis il y a la carrière, quand l’on galère à battre un rival dans une descente pluvieuse au Japon (tient Forza 6 sera au Japon), je n’ai pas de moments mémorables ou de courses marquantes avec Forza. D’ailleurs dans ce dernier, un virage raté, c’est un rewind et on refait l’action. Ainsi, il a supprimé la notion de sanction, et donc mécaniquement celle de tension qui allait avec les courses de rivaux. À l’inverse de la carrière, Forza, c’est d’une liste infinie d’events ou rien n’a vraiment l’air d’être important. Mais c’est un choix marketing, on vend des peintures liées à des events temporaires qui se renouvellent.
Finalement, Forza ne me demandera jamais de devenir meilleur. Il me félicite d’être là pour dépenser.
Pour finir
À l’image de sa musique, Forza est un bon daily pour jouer 20 mins sans être plongé dans quelque chose. Pas de risque, pas de frustration quand on pouvait passer 1h sur défi dans Most Wanted. C’est peut-être pour moi l’aboutissement technique du jeu de course, accessible, généreux, spectaculaire et infini sans l’exigence d’un ACC. Il est tellement abouti que le 6 ne progressera pas tant que ça par rapport au 4 et 5, rétrocompatibilité console oblige.
Et en même temps, c’est la preuve que la perfection peut être stérile. Toute une génération se souvient des stands V-Rally. Forza en tant que jeu a perdu ce qui rendait inoubliable les anciens titres. À commencer par la rareté, la difficulté et l’attachement. Forza en lui-même et à mon sens parfait pour jouer à un jeu de course, par contre est-ce que je me souviendrai dans 10 ans, je ne pense pas, alors que battre Darius ou Titus me hante encore.
